Histoire du FNLA
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- Catégorie : Le FNLA
- Publié le Vendredi, 27 Mai 2011 18:06

LA LUTTE POUR L'INDÉPENDANCE DE L'ANGOLA
En 1959, l'U.P.A. publiait une petite brochure modeste intitulée : "LA LUTTE POUR L'INDÉPENDANCE DE L'ANGOLA"
dont voici l'appel final :
L'Union des Populations de l'Angola, consciente de ses responsabilités et des droits du peuple angolais, déclare œuvrer afin de réaliser cette indépendance immédiate pour le peuple et ce par des voies pacifiques et démocratiques; Elle ne ménagera aucun sacrifice pour sa part.
En conséquence :
- PAYSANS
- CHÔMEURS
- TRAVAILLEURS FORCES
Votre devoir est clair.Vous êtes les plus déshérités. C'est vous qui souffrez de l'oppression coloniale. C'est la raison pour laquelle vous êtes les plus intéressés à obtenir la restauration de la nation angolaise. Depuis cinq siècles, vos ancêtres, vos parents et vous même êtes condamnés à déployer toutes vos forces pour que les colonialistes portugais s'enrichissent. Vous créez des richesses et vous n'avez pas même le droit d'en profiter. Votre sueur sert d'engrais aux colons votre sang est sucé par le vampire colonial et vous languissez dans la misère et l'humiliation.
L'Union des Populations de l'Angola s'engage à faire cesser cette plaie sur le territoire angolais. Elle vous appelle à contribuer à la liquidation du colonialisme portugais sur le territoire nationale angolais.
Les femmes du Ghana, de la Guinée, du Cameroun, du Togo, du Congo et de la Somalie ont participé au combat héroïque contre le colonialisme. L'heure n'est plus où les femmes restent au foyer et regardent en spectatrice les évènements. Vos maris ne sont pas payés, vos enfants sont mal nourris et non scolarisés, ils ne servent que de machines à travailler et à permettre aux colons de mener une vie de plus en plus insultante pour la misère du peuple angolais. Vous avez les mêmes droits que les hommes. L'Union des Populations de l'Angola entend établir un régime démocratique qui puisse, sans distinction de sexe, permettre à chaque individu de développer sa personnalité et contribuer à l'enrichissement comme à la fécondité de la nation angolaise. La plupart du temps, vous êtes aussi requise et employées aux travaux forcés, la bête colonialiste, impitoyable pour vous, exige de vous des travaux inhumains qui vous avilissent.
L'Union des populations de l'Angola estime que ce scandale a assez duré, que l'heure est venue de vous donner un sort digne et respectable. Où que vous soyez, mobilisez vous, soyez prêtes à reprendre et à diffuser les mots d'ordre de l'Union des Populations de l'Angola. Enlevez la peur, la soumission de vos habitudes, de votre âme, ne tremblez plus. Il faut montrer à l'occupant que vous êtes conscientes de la justesse de votre cause.
Votre position est certes difficile.Inconsciemment vous avez longtemps servi les intérêts colonialistes et permis l'exploitation du peuple. Alors que votre mission de chefs était de protéger et de servir le peuple de l'Angola, un certain nombre d'entre vous s'est comporté en instrument du colonialisme. Il a permis le recrutement des travailleurs forcé, et appuyé la politique des impôts énormes et pratiquement, pour une grande partie du peuple de l'Angola, il est traître.
L'Union des Populations de l'Angola n'ignore pas la pression énorme dont vous êtes l'objet de la part du colonialisme, mais elle sait aussi que le grand mouvement qui secoue l'Afrique ne peut pas vous laisser indifférents et que vous devez comprendre que le moment est venu pour vous, de choisir entre votre pays, vos fils, vos frères d'une part, et les colons d'autre part. C'est pourquoi, elle vous demande de bien réfléchir.
Au cours de l'année 1960, tous les peuples africains doivent réunir tous leurs efforts en vue d'extirper le colonialisme d'Afrique.
Les peuples africains et le peuple d'Angola seront sans pitié pour les hommes qui n'auront pas su choisir la voie de la justice et de la vérité.
A partir d'aujourd'hui le peuple vous juge. Tout ce que vous ferez contre lui sera retenu contre vous. L'heure n'est plus où un Européen pouvait ordonner un chef de punir et de frapper aveuglément ses administrés à n'importe quel moment et dans n'importe quelles circonstances. La fin de l'arbitraire a sonné. Vous devez le comprendre.
L'U.P.A. vous demande de ne pas vous opposer à la marche de l'histoire.
Certains, parmi vous, ont édifié des fortunes colossales sur le dos des Angolais. Il faut qu'il comprennent que l'heure est venue de restituer aux Angolais leurs terres et leurs ressource.
Quant aux autres, l'Union des Populations de l'Angola leur dit qu'ils pourrons rester en Angola dans la paix retrouvée afin que tous ensemble nous travaillons à l'édification dune République angolaise démocratique et sociale.
Le manifeste s'adresse au peuple portugais et à l'État portugais. Et la conclusion de l'appel est :
- L'Union des Populations de l'Angola abolira tous les régimes d'exception instaurés par vos représentants Les femmes aussi auront droit de vote.
- Les privilèges seront abolis, chacun aura le droit à l'instruction. Le chômage sera déclaré fléau national et toutes les forces seront utilisées à combattre cette plaie.
- Tous les hommes et les femmes habitant l'Angola, quelles que soient leur nationalité, leur race et leur religion auront les mêmes droits et seront respectés dans leur personnes, comme dans leurs biens.
- Les peuples africains, d'Alger au Cap, sont désormais debout avec le même mot d'ordre :
L'AFRIQUE AUX AFRICAINS .
Le manifeste s'adresse à l'opinion africaine et internationale et conclut :
L'Union des Populations de l'Angola fait appel à toutes les organisations et instances internationales afin qu'elles fassent pression sur le Portugal pour que cessent le régime d'exploitation et la politique consciente du génocide en Angola et que ce territoire recouvre son indépendance d'antan.
Il convient, pour le G.R.A.E., de rendre la lutte pour l'indépendance le plus efficace possible. Tout doit être entrepris pour que toutes les forces s'unissent dans la lutte en renvoyant leurs querelles de doctrines à plus tard, en Angola devenue indépendante. Le F.N.L.A. a d'ailleurs bien précisé sa position :
Dans la constitution du F.N.L.A., nous avons clairement affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un club fermé. Cela ne signifie pourtant pas que nous acceptons n'importe quelle condition de ceux qui veulent s joindre à nous; Nous avons toujours refusé les préalables, et notamment le préalable de la dissolution du front, car cela remettait en question ce que nous avons acquis dans notre lutte ou du moins la retarderait considérablement. Aujourd'hui, moins que jamais nous ne pouvons, car ce serait trahir la confiance d'un pays qui nous a témoigné sa solidarité d'une façon éclatante.
Aujourd'hui, je tiens à réaffirmer, c'est Holden Roberto qui parle, que les portes du F.N.L.A. sont largement ouvertes à tous ceux qui veulent utiliser le même langage que nous, c'est-à-dire la légitime violence, tant que les autorités portugaises persisteront dans leur entêtements .
Tout en poursuivant le combat, l'unité des mouvements politiques nous préoccupe au plus haut point.
Nous voulons que cette unité résulte du souffle unificateur dont parlait notre frère, le regretté Franz Fanon, ce souffle que l'on atteint après avoir partagé les mêmes espoirs et affronté les mêmes dangers.
Tout autre unité, imposée par les circonstances suscitées par des intérêts ou des convoitises ne peuvent résister à l'épreuve du temps.
S'agissant de l'avenir d'un peuple, on comprendra aisément, que nous voulons nous entourer de toutes les garanties afin que les Angolais ne se trouvent pas un jour, pendant ou après leur lutte pour l'indépendance, minés par l"écroulement d'une unité factice.
Cette unité, on le comprend, ne doit pas être bâtie sur une équivoque. Elle est cependant souhaitable, pour que toutes les forces œuvrent conjointement dans une tâche où les ouvriers ne sont jamais assez nombreux. Il s'agit d'un problème interne angolais et nous n'avons pas de conclusion à formuler. Mais il serait souhaitable que les polémiques stériles cessent devant l'ennemi, que les critiques personnelles contre les responsables ne prennent plus la forme d'attaques calomnieuses comme on a pu en lire dans les pamphlets de certains groupements angolais vis-à-vis des chefs d'autres partis.
Dans notre chapitre,"la Révolution en marche", nous avons esquissé le programme de l'U.P.A. Maintenant, nous n'avons que l'intention de rappeler les grandes lignes du programme du G.R.A.E. :
- Indépendance nationale.
- Regroupement de toutes les forces anti-colonialistes.
- Promotion d'une République Démocratique.
- Réforme agraire. La terre doit appartenir à ceux qui la cultivent.
- Réforme agraire. La terre doit appartenir à ceux qui la cultivent.
- Respect de la liberté religieuse.
- Respect de la liberté syndicale.
- Instauration d'un régime démocratique.
- Amélioration du niveau de vie.
- Scolarisation de l'ensemble de la population.
- Développement de l'unité africaine.
- Participation à la coopération internationale.
On peut se demander si le régime futur de l'Angola doit être unitaire ou fédéraliste. Si l'on considère l'étendue du territoire pour un taux de population relativement faible, la diversité des ethnies constituant l'Angola le fédéralisme paraît à première vue logique et pratique.
LA NAISSANCE DU FRONT NATIONAL DE LIBÉRATION DE L'ANGOLA
CRÉATION DU FNLA
FRONT NATIONAL POUR LA LIBÉRATION DE L'ANGOLA
Nous soussignés, dirigeants de l'Union des populations de l'Angola – UPA – et du Parti démocrate de l'Angola – PDA – , anciennement "Alliazo"(Alliance angolaise des ressortissant du Zombo), réunis en séance extraordinaire le 27 mars 1962, avons adopté de commun accord les mesures suivantes:
Considérant l'état d'injustice sociale, de mauvais traitement physique, d'humiliation dans lequel est maintenu le peuple angolais depuis presque cinq siècles par le colonialisme portugais;
considérant l'attitude négative du gouvernement portugais à reconnaître le droit du peuple angolais à l'autodétermination, à négocier l'accession de l'Angola à l'indépendance nationale avec les organisations nationalistes angolaises, authentiques représentants des légitimes aspirations du peuple angolais;
Considérant le refus continuel du gouvernement portugais de mettre en application les recommandations contenues dans les résolutions de l'Organisation des Nations Unies concernant l'Angola;
Considérant le degré d'évolution progressive de la lutte armée que mène le peuple angolais et qui caractérise un véritable état de guerre dans la région nord du pays;
Considérant enfin la nécessité imminente de réunir toutes les forces vives du pays dans un Front national de libération capable de conduire la révolution et d'obtenir les moyen nécessaires pour la poursuite immédiate du colonialisme en Angola;
1. D'unifier nos forces dans un unique Front national de libération pour hâter l'indépendance du pays
2. De grouper, dans un Front national de libération de l'Angola, toutes les organisations valablement représentatives du peuple angolais qui acceptent la politique générale du Front. Toutefois, chaque candidature fera l'objet d'une étude approfondie par une commission dont le "règlement intérieur";
3. D'orienter la lutte pour l'indépendance national e l'Angola sur une base de collaboration fraternelle entre toutes les ethnies de l'Angola en tenant compte des règles démocratiques, et le respect de l'intégrité territoriale du pays;
4. D'installer dans une Angola indépendante, un régime démocratique qui respecte les clauses de la "Déclaration universelle des Droits de l'homme", qui applique la loi de réforme agraire basée sur le principe de la distribution de la terre à ceux qui la travaillent, la planification économique, l'industrialisation du pays, et qui contribue à la liquidation totale du régime colonial sous toutes ses formes sur le continent africain, pour que l'Unité africaine soit une réalité et force agissante;
5. D'adopter la politique de non-alignement et de non-engagement comme principe de base de la politique extérieure du gouvernement, tout en réaffirmant la volonté de ce gouvernement de collaborer loyalement avec tous les pays prêts à respecter sa souveraineté et qui s'inspireront des principes d'égalité de toutes les races et de toutes les nations, grandes et petites, également intéressées au maintien de la paix dans le monde.
De cette union peu après, proclamé par le FNLA le 5 avril de la même année, le gouvernement révolutionnaire de l'Angola en exil (GRAE), présidé par Holden Roberto et dont le siège se trouve à Léopoldville. Selon la "Déclaration de principes" du GRAE, celui-ci est notamment "mandaté légalement par le peuple en lutte armée pour assurer la conduite méthodique de la Révolution et la représentation officielle de l'Angola, son mandat prenant fin automatiquement avec "le vote de la chartre fondamentale de la nouvelle République indépendante de l'Angola".

